Qu’est-ce que la charge mentale ?

La charge mentale est la pression générée par le fait de gérer et (ou) penser à plusieurs choses de natures différentes en même temps.

C’est par exemple lorsque vous suivez simultanément une série à la télé pendant que vous êtes en communication téléphonique amicale tout en gardant un œil votre plus jeune enfant et cela en surveillant l’heure de votre prochain rendez-vous ! Toutes ces informations qui vous parviennent à la fois vous intéressent… mais rester ainsi « en charge » de ces différentes sollicitations est épuisant… et reconnaissez qu’aucune ne recevra de votre part l’attention vraiment nécessaire !

Comment perçoit-on inconsciemment cette charge mentale ?

Lorsque la charge mentale est trop importante, nous pouvons ressentir une perte d’efficacité, une angoisse d’oublier quelque chose, un stress, une fatigue, le sentiment que nos activités et obligations s’imposent à nous sans que nous puissions les contrôler. Nous avons l’impression de subir. Et par-dessus le marché, la culpabilité de ne pas en faire assez peu se joindre au tableau !

 

Qui est le plus concerné par la charge mentale ?

L’excès de charge mentale peut affecter chacun, quel que soit le sexe ou le niveau social. Bien entendu, plus nous avons de responsabilités et plus nous y sommes exposés. Ce n’est pas l’importance de la responsabilité qui compte ici, mais le nombre, l’environnement et les conditions dans lesquelles nous devons les assumer.

Dans notre société, les femmes sont bien plus nombreuses à être sujettes à un excès de charge mentale que les hommes. Selon une étude Ipsos de 2018, 8 femmes sur 10 seraient concernées. La BD « Fallait demander » est une des illustrations de cette situation.

Dans le domaine professionnel, selon l’organisation du travail, la quantité, les moyens alloués et l’ambiance, la charge mentale à laquelle s’ajoute souvent la charge émotionnelle impacte aussi bien les salariés que les dirigeants.

Le tempérament de chacun joue un rôle important dans la capacité à supporter une charge mentale plus ou moins importante. Une personne naturellement anxieuse, perfectionniste ou peu confiante en elle-même va être nettement plus rapidement affectée qu’une personne calme, sachant prendre du recul et capable de refuser certaines sollicitations.

Quelques stratégies pour limiter sa charge mentale :

Lorsque j’évoque des stratégies, je n’aborde que ce qui dépend de nous. Il est plus efficace de se concentrer sur ce qui relève de notre compétence que d’attendre les résultats d’évolutions de notre environnement et de nos relations.

Les stratégies tournées vers soi

      • Veiller à finir une tâche avant d’en commencer une autre. Accomplir plusieurs actions à la fois peut nous paraître valorisant et opérationnel. Cela n’est souvent qu’une impression et la fatigue mentale voire physique en résultant est disproportionnée par rapport à l’éventuel gain réel.
      • Organiser son temps en laissant suffisamment d’espaces pour faire face aux inévitables impondérables. Souvent, nos plannings sont remplis de façon très optimiste nous permettant de croire être capable de réussir à faire entrer deux journées en une. La déception et la culpabilité résultant du constat de ne pas avoir été capable de respecter ce qui était prévu sont des sources de baisse de moral, de dévalorisation et d’insomnies (car tout ce qui se passe dans la journée se répercute sur notre sommeil). Cela nous amène aux fameuses « to do list ». Elles sont bénéfiques si elles permettent de prioriser ce qui doit l’être et de ne pas s’imposer ce qui est de moindre importance. Mais force est de constater qu’elles sont souvent mal utilisées et finalement sources de stress complémentaire et de déceptions. Alors, je vous propose la « did list » : c’est-à-dire d’identifier tout ce que vous avez fait ! N’est-ce pas plus valorisant ? Vous verrez que vous avez fait beaucoup plus de choses que vous n’auriez spontanément mentionné. Et de plus, vous prendrez ainsi conscience de ce qui peut se faire dans un lapse de temps déterminé, du temps que vous devez réserver à chaque tâche. Vos futurs plannings n’en seront que plus réalistes et motivants !
      • Prendre soin de soi. Je sais, c’est agaçant d’entendre ce conseil de plus en plus répandu ! « Croyez-vous que j’aie le temps de prendre soin de moi ? ». La réponse est oui ! Et c’est même tout à fait indispensable !

Voici quelques pistes pour vous y aider :

          • S’accorder une pause, toutes les demi-heures, au sein d’une activité professionnelle ou personnelle : 3 à 5 minutes pour souffler, ne penser à rien, boire un verre d’eau (très bénéfique pour le cerveau), s’étirer, écouter une musique que l’on aime, si c’est possible prendre l’air et respirer profondément… nous avons le choix. L’essentiel, c’est de relâcher l’attention, de reposer les yeux et le mental et si l’activité est statique d’introduire de la mobilité physique.
          • S’accorder une récompense après une tâche pénible ou peu appréciée : cela n’a pas besoin d’être long, onéreux, calorique… juste quelque chose qui fait vraiment plaisir et que l’on va apprécier sans culpabiliser, avec bienveillance envers nous-mêmes. Je suis certain que les idées ne manquent pas !
          • Se donner le droit à l’erreur ! Notre « did list » (voir-ci-dessus) nous montre que nous faisons tellement de choses dans la journée que nous pouvons bien accepter de ne pas être au top dans chacune d’elle ! Nous nous blâmons plus souvent que nous nous félicitons… pourtant la réalité c’est que c’est le contraire que nous méritons. Ce n’est pas être prétentieux que de reconnaître au moins autant ce que l’on fait de bien que ce qui n’est pas parfait… Acceptons nos limites comme nos qualités.
          • Transformons certaines tâches habituelles en routines: selon le Larousse, la routine est un ensemble d’actions et de gestes faits mécaniquement. Or, ce qui est fait mécaniquement, toujours de la même façon, est peu exigeant pour le mental. Pensons-nous réellement à la technique de la marche lorsque nous nous déplaçons dans la journée ? Non, nous avons l’esprit libre pour penser à autre chose. De plus, le mental reconnait le début d’une routine et est rassuré. La tension baisse ainsi. Il ne s’agit pas bien entendu de se mettre tout le temps en pilotage automatique. Vivre le moment présent est important et nécessite de prendre conscience de ses gestes, ressentis, émotions. Mais nous n’avons pas à vivre constamment ainsi, ce serait épuisant. Alors, si nous identifiions des activités au cours desquelles nous pourrions nous habituer à toujours réaliser dans le même ordre et de la même manière les différentes tâches qui les composent, nous allègerions la charge mentale que ces activités représentent.

Voilà déjà quelques suggestions à explorer pour aujourd’hui. Elles ne concernent que nous. Dans un prochain article, je vous proposerai des stratégies tournées vers les autres.

Bon mental « allégé » à tous et toutes.

 

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